Escalade en Dauphiné - France

Rémy Billon

mercredi 21 août 2024 par Dominique Duhaut

Rémy est né le 4 juillet 1962 à Valence.
Il fait ses débuts en escalade à 8 ans avec son père en Vanoise.
A 12 ans, il rencontre Alain Makaroff, son aîné de quelques années. C’est à cet âge qu’il découvre les rochers de Presles. Son père l’emmène faire la voie des Buis.
Ensuite, c’est la rencontre avec Patrick Decorps, puis Bruno Fara.
La 1re rencontre a lieu en 1978 quand Rémy fait la voie des Bouffons. Fara et ses copains équipent les Clowns. Il va ensuite intégrer la “Bande des lyonnais”.
Il se retrouve encordé avec Jean-Pierre Frésafond car personne ne voulait grimper avec lui.
A 18 ans, il passe l’accompagnateur. Ensuite, c’est le BE escalade. Il échoue la première fois car il se présente à l’examen avec des béquilles (il s’est tordu une cheville peu de temps avant). Il termine 31e, alors que seuls les 30 premiers sont retenus. Il réussira à la deuxième session.
Après, c’est le cursus classique, aspirant-guide en 1988, il obtient le diplôme de guide en 1990.
Il équipe sa première voie à Presles en 1980, ça sera Apocalypse now avec Alain Makaroff.
Comme il le dit lui-même “Je commençais à être insupportable, quelque peu asocial et trop obnubilé par l’escalade”. Alain n’a pas voulu le suivre dans la première longueur, ils se sont engueulés et ils sont rentrés. Du coup, Rémy est revenu seul et a équipé la voie en solo.
A cette époque, il ne savait pas planter un piton, ne maîtrisait pas le système Barnett utilisé quand on voulait grimper en solo.
Il se rappelle qu’il avait donné des “sueurs froides” à une cordée lyonnaise pendant l’ouverture de Apocalypse now. Arrivé en bout de corde, et faute de matériel pour faire un relais, il était redescendu avec, comme seul point, un crochet à gouttes d’eau sur lequel il avait accroché sa corde. Puis, arrivé au niveau de la cordée, il avait secoué sa corde et le crochet était venu à lui.
Ensuite, chaque fois qu’il croisait les grimpeurs lyonnais, ils lui offraient un verre, bien content de le savoir encore en vie.
Il reconnaît qu’à cette époque, il n’avait pas fini sa “crise d’adolescence”. Heureusement, la chance a été de son côté et il a pu continuer sa carrière de grimpeur.
Puis ce sera, coup sur coup, l’équipement de Rubik’s cube et Exodus en mai 1981 avec son copain de longue date Patrick Decorps qui n’hésite pas à le sermonner sur sa manière d’équiper. Cette dernière voie reste, encore aujourd’hui, un des monuments des rochers de Presles.
Toujours la même année, il ouvre Cliffalibur avec Bruno Fara. Ce dernier hurle en voyant Rémy planter les pitons. Il va finir par s’appliquer. Il terminera d’ouvrir à Presles par la voie Cancer en 1983.
Il équipera, quelques années plus tard, des voies sur les rochers de Serre Châtelard dans le Royans.
Aujourd’hui, il sature un peu de grimper à Presles, surtout depuis les conflits d’usage qui ont secoué l’escalade sur ces parois. Il préfère trouver des coins plus discrets dans le Vercors.
On peut considérer qu’il y a un certain atavisme familial. En effet, ses enfants, Lise et Léo, ont suivi les traces de leur père. Ils sont aujourd’hui tous les deux guides de haute montagne. Léo a intégré le prestigieux GMHM (groupe militaire de haute montagne) et Lise, quand elle ne travaille pas comme guide ou qu’elle n’est pas en expé à l’autre bout du monde, s’occupe de l’ENAF (équipe nationale d’alpinisme filles) de la FFME (fédération française de la montagne et de l’escalade).
Dominique Duhaut (mai 2020).


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