Escalade en Dauphiné - France

Vincent Meirieu

vendredi 15 juin 2007 par Jeanne Palay
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Vincent Meirieu

Vincent Meirieu possède plusieurs points communs avec bon nombre d’équipeurs de sites sportifs du Vercors : il est “vertaco” (c’est-à-dire habitant du Vercors) d’adoption, il possède le brevet d’État d’escalade, et il en vit, tout en continuant à grimper pour lui à un très bon niveau (7 c + à vue et 8 b après travail, dans ses bons jours). Il est d’ailleurs très copain avec les autres équipeurs du Vercors, eux aussi âgés d’une trentaine ou d’une quarantaine d’années. Entre eux, point de rivalité, contrairement à l’ambiance qui pouvait régner entre leurs aînés, très jaloux de leurs ouvertures et de leurs premières. Est-ce parce qu’il n’y a plus vraiment de première à s’adjuger, ou parce que les temps ont changé, et qu’équiper ne représente plus vraiment un exploit ? Toujours est-il qu’il existe sur le Vercors une très bonne ambiance de grimpe et d’ouverture, un foisonnement de talents qui se stimulent mutuellement, sans équivalent dans les autres massifs dauphinois. Et Vincent Meirieu est très représentatif de cet esprit “pote” des équipeurs vertaco.
Né à Lyon, Vincent découvre la montagne et l’escalade en famille, vers une douzaine d’années. Il s’inscrit ensuite à un club d’escalade, avec lequel il se met à grimper à fond entre 12 et 16 ans. Il tâte un peu de la compétition pendant deux années, mais ce n’est pas son truc : “J’ai toujours été attiré par la pratique loisirs, je pense que l’escalade ne se prête pas à la compétition, ni à la performance à tout prix. C’est ce qui me plaît dans cette activité”.
Il prépare le brevet d’État d’escalade en même temps qu’une maîtrise d’histoire à Lyon. Les deux en poche, il vient s’installer à Autrans en 1997, pour se rapprocher de Presles (où il grimpe déjà beaucoup), et de ses copains du Vercors. Depuis, il travaille en tant que BE, dans la structure Vercorde, qui réunit plusieurs moniteurs du massif, mais aussi pour le club Roc and Co. C’est lui, d’ailleurs, qui a monté l’activité “jeunes” dans ce club d’escalade du Vercors, car “j’ai grimpé comme un fou dans un club entre 12 et 16 ans, et ça m’a épanoui. J’avais envie de reproduire cette ambiance, de transmettre ce qu’on m’avait transmis”.
Côté ouverture, il commence fort : une grande voie à Presles avec Jean-Marc Clerc, appelée Macaque, qui franchit de grands surplombs rouges. Puis il ouvre quelques lignes à Pierrot Beach, et deux autres grandes voies à Presles : Lakukichu et Peter Punk.
Mais sa grande affaire en matière d’ouverture, son œuvre collective, c’est l’Auberge espagnole. Le site, découvert par Alain Pons, les enthousiasme : “On a carrément halluciné en voyant cette falaise !” La suite, c’est encore une histoire de potes : “beaucoup de grimpeurs sont venus nous aider. Certains n’avaient jamais équipé, on s’aidait mutuellement. D’où le nom du site”. Vincent s’y emploie très activement entre 2000 et 2005. Pendant longtemps, L’Auberge espagnole reste connue uniquement d’un petit nombre de grimpeurs, pour “éviter une grosse affluence d’un coup dans le petit village d’Oriol-en-Royans”. Aujourd’hui, vous avez donc entre les mains le premier topo qui présente le site.
Ensuite, Vincent ouvre d’autres voies à Corrençon-en-Vercors, aux Allières (site d’initiation) et à Romeyer. Même s’il affirme être “un peu moins actif” depuis la naissance de son fils, il crée encore une dizaine de voies par an : “C’est un bon moyen de se défouler, ça occupe bien la tête. Dans le Vercors, ce n’est jamais évident, il y a toujours du nettoyage, et une réflexion quant à l’itinéraire. J’équipe les lignes qui me plaisent, faciles ou difficiles. Je ne cours pas qu’après les lignes de 8”. En tout cas, pas de voie bâclée, car il se dit perfectionniste, à tel point qu’il lui arrive même parfois de déplacer un goujon de 10 centimètres. Aujourd’hui, à 34 ans, Vincent a toujours “l’espoir de trouver la plus belle falaise du Vercors”. Et si c’était un scoop à demi-mot ?


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