Escalade en Dauphiné - France

Simon Destombes

vendredi 4 mai 2007 par Jeanne Palay

Simon Destombes
Pas de boulimie d’ouverture chez Simon Destombes, contrairement à beaucoup d’équipeurs, mais un grand éclectisme : escalade, alpinisme, cascade de glace… et même informatique. Il a plusieurs cordes à son arc, et l’ouverture de voies rocheuses n’est que l’une de ses multiples activités. C’est sans doute pour cela qu’il est moins connu que d’autres équipeurs, aussi parce qu’il n’en a cure. S’il équipe, c’est pour avoir des nouveautés à grimper, et pour l’esprit d’équipe avec les copains du Vercors, mais pas pour la gloire. Pas le temps de s’occuper de ce genre de détails : sa vie, il la vit à fond, et pas par procuration dans le regard des autres !
Né à Tourcoing, dans le Nord, en 1967, Simon Destombes a toujours eu de fortes attaches avec le Vercors. Ses parents y pratiquaient la spéléo et il y a fait ses débuts en montagne. Très vite, il est touché par le virus. Il s’inscrit au Caf, cumule les sorties en Belgique, à Fontainebleau, et les virées à Chamonix. Dès l’âge de 18 ans, le Bac en poche, il quitte le Nord pour se rapprocher de régions ayant davantage de relief. Lyon pour quelque temps, puis le sud de la France… “C’était la grande époque de Buoux et du Verdon, on habitait dans des caravanes. On vivait de peu de choses, on mangeait beaucoup de pâtes. Je faisais aussi quelques travaux acrobatiques”. Pendant cette période de grimpe intensive, il passe le BE escalade à 22 ans. Il s’installe pour quatre ans à La Chapelle-en-Vercors, où il est embauché dans un centre de formation pour les futurs BE escalade. Et depuis, c’est une histoire d’amour ininterrompue avec le Vercors.
Il continue toujours la montagne et obtient le diplôme de guide à 29 ans. Il vit alors à Saint-Julien-en-Vercors et travaille à la fois en tant que BE dans le Vercors et guide à Chamonix. Encore une période à fond dans la grimpe, principalement dans le Vercors.
Aujourd’hui, à 40 ans, il vit depuis six ans à Pont-en-Royans, où il a retapé une maison de village. Marié et père d’un petit garçon de 5 ans, il attend un deuxième enfant pour l’automne 2007. À Pont-en-Royans, il a trouvé non seulement la proximité avec de nombreuses falaises, mais aussi un tissu relationnel exceptionnel. Côté professionnel, il s’est associé avec trois autres guides et propose des voyages, des courses en montagne et autres joyeusetés de leur invention. “Pas la voie normale du mont Blanc, mais des trucs qui nous branchent, des destinations originales ou des raids peu connus”. On l’a bien compris, ce n’est pas le fric à tout prix qui motive Simon, même s’il avoue vivre aujourd’hui correctement des activités de guide et de BE. Il collabore également à une structure qui propose des services Internet, appelée Vertacoo, qui s’occupe notamment du site du parc naturel régional du Vercors. Pas pour gagner davantage, mais “pour pouvoir choisir ce que j’aime en tant que guide. Mes voyages me laissent du temps pour grimper pour moi, car ma pratique amateur reste très importante”. Alors que beaucoup de guides ne vont plus sur le terrain que pour des raisons professionnelles, Simon, lui, grimpe toujours beaucoup avec ses potes “vertaco”. En falaise bien sûr, où son niveau moyen est 7 b à vue (il a déjà fait du 8 a+ après travail), mais aussi en cascade de glace, où il multiplie les ouvertures.
Car l’équipement fait partie de ses nombreuses activités, depuis très longtemps. C’est lui notamment qui adécouvert le site de Pierrot Beach, avant que les championnats de France jeunes n’utilisent la falaise en 1994. Il a également fait partie des pionniers de La Goulandière au début des années 90, et de ceux de l’Auberge espagnole à partir de 2000. “Je n’ai jamais été un stakhanoviste de l’ouverture, car je n’ai pas assez de temps pour tout faire”, reconnaît-il. Un signe révélateur du peu d’ego qu’il met dans ses voies : il ne sait pas du tout combien il en a ouvert. “Je ne suis pas un crack en compta !” , sourit-il. Sa façon d’équiper ? “J’aime bien ouvrir du bas, et être à plusieurs, pour pouvoir grimper juste derrière. Je ne mets pas trop de spits et pas de voies trop proches les unes des autres. Ce qui me plaît moins, c’est le jardinage. Quand ça se rapproche des travaux publics, j’abandonne. À Pierrot Beach, il y avait beaucoup de travail de nettoyage, mais les lignes sont majeures, donc ça valait le coup. J’équipe aussi bien des dévers que des dalles, je n’ai pas de préférence, mais toujours des lignes qui me sautent aux yeux. Les pas de bloc ne me gênent pas, je ne recherche pas l’homogénéité à tout prix”.
Côté projets, à part ses voyages grimpe avec ses clients, il évoque l’équipement d’un nouveau site près de Pont-en-Royans, encore en chantier pour l’instant. Pas de projet à long terme, mais l’envie d’aller là où souffle le vent de la verticalité…


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 3748 / 817097

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Portraits   ?    |    titre sites syndiques OPML   ?

Site réalisé avec SPIP 3.1.1 + AHUNTSIC

Creative Commons License

Visiteurs connectés : 7