Escalade en Dauphiné - France

Nicolas Glée

Monsieur Espace Vertical
samedi 22 avril 2006 par Jeanne Palay

Tous les grimpeurs isérois connaissent Nicolas Glée comme l’un des créateurs de la salle d’escalade Espace Vertical dans l’agglomération grenobloise, mais combien savent qu’il est aussi un équipeur de falaises très actif ? Peu sans doute, car ses voies, pour l’essentiel très difficiles, sont accessibles seulement à une minorité, à l’inverse des très belles lignes qu’il concocte à Espace Vertical.

Nicolas Glée
Né en Alsace d’un père pratiquant l’alpinisme, il commence l’escalade très jeune, au début pour s’entraîner à la montagne, puis comme but en soi. À 19 ans, il arrive à Grenoble pour des études d’architecte d’intérieur et réalise ses premières voies en 8 sur la falaise des Lames. Il passe son BE à la fin de ses études et part s’installer en Vendée, pour rejoindre sa dulcinée. Il occupe le poste de cadre technique du comité départemental de la FFME, et commence à équiper.“Ce qui me plaît, c’est le côté création, le fait de trouver le cheminement à travers le rocher, avec un côté esthétique. Le grand bonheur aussi, c’est d’enchaîner la voie ensuite”. Vu son niveau, pas étonnant qu’il ouvre des lignes très difficiles ! D’ailleurs, il confirme avec sincérité : “J’équipe surtout pour moi, mais j’aime aussi qu’il y ait du monde qui grimpe dedans ensuite”.
Son côté créatif se manifeste également à travers Espace Vertical, imaginé avec deux amis, Éric Pinard et Thierry Barré. L’aventure commence alors qu’il vit encore en Vendée, mais il y participe activement, dessinant les plans de la salle, les volumes et les prises. Son diplôme d’architecte d’intérieur et ses compétences de grimpeur se conjuguent à merveille pour donner un résultat très réussi. Une évidence aujourd’hui, mais un pari loin d’être gagné d’avance en 1995, alors qu’il n’existait qu’une seule salle d’escalade privée en France, située dans l’agglomération parisienne. Nicolas Glée a contribué grandement à un changement de comportement : avant, on ne grimpait que les jours de beau temps, désormais, c’est toujours possible. Ce qui a d’ailleurs fait beaucoup augmenter le niveau moyen des grimpeurs. Il fallait être un peu visionnaire pour anticiper cette évolution. “Sans nous, d’autres l’auraient fait”, reconnaît-il. Certainement, mais ce sont lui et ses amis qui ont eu cette audace. Leurs deux salles sont aujourd’hui réputées, non seulement pour la qualité de la grimpe, mais aussi pour l’ambiance conviviale insufflée par leurs fondateurs.
Revenu à Grenoble en 1996, il travaille à Espace Vertical avec ses compères et achète une ferme à retaper, à Villard-de-Lans : les chantiers ne lui font pas peur ! Côté ouvertures rocheuses, le Vercors est son terrain de jeu, dans des sites comme Tes Zelier (près de Pont-en-Royans), La Plage (près de Saint-Jean-en-Royans) ou Cognin-les-Gorges. Ce qui distingue les voies de Nico : la difficulté, bien sûr, mais aussi une certaine éthique : “J’utilise le sika pour renforcer les prises, mais pas pour en créer. Une belle voie pour moi, c’est une voie sans sika, même s’il y a un pas de bloc au milieu”. Il est également très attaché au nom des voies : parfois des jeux de mots, parfois des allusions à des personnes de son entourage ou à un état d’esprit. Il a d’ailleurs appelé l’une d’entre elles “Virus ou boulimie”, en référence à sa propre soif insatiable d’ouvertures.
Aujourd’hui, à 36 ans, cette frénésie d’activités l’anime toujours : il vient d’acheter une ruine à Presles, qu’il compte rendre habitable en une dizaine d’années. Ce qui n’est pas contradictoire avec un aspect intellectuel du personnage, qui se traduit dans l’escalade par la préférence pour l’après-travail, au détriment du à-vue. “Ce qui me motive, c’est le côté analytique de l’escalade. J’essaye de mémoriser tous mes mouvements, et même ceux des autres. J’aime transmettre ce que j’ai réussi à comprendre de la technique de l’escalade”. Cette réflexion sur la gestuelle de la grimpe et sur l’entraînement a été résumée dans un livre qu’il a publié chez Libris, intitulé Escalades. Il a également été formateur à l’Afrat (Association pour la formation des ruraux aux activités du tourisme) à Autrans, où il encadrait des jeunes préparant le BE.
Action-réflexion : on retrouve ce cocktail dans les voies que Nico ouvre à Espace Vertical. Souvent très intéressantes, mais pas basiques, ce sont des voies où il faut beaucoup réfléchir. Comme en extérieur, en somme…


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